Steeven TRESFIELD : Parcours d’un francilien dans un sport encore méconnu en France.

Parle-nous de toi, de ton parcours (âge, études, contexte dans lequel tu as grandi…) :

Je suis Steven Tresfield. Je suis âgé de 28 ans, coach sportif et responsable fitness dans une salle de sport à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne, 94).

J’ai fait un parcours STAPS, obtenu une licence entraînement sportif mention “Football américain” à l’INSEP et une seconde licence professionnelle “Métiers de la forme” spécialité Responsable d’équipe et Projet (plus axée sur la remise en forme).

J’ai grandi dans un premier temps à Maisons-Alfort (Val-de-Marne, 94) jusqu’à 11 ans puis j’ai déménagé à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne, 77).

Issu d’une fratrie de trois enfants (avec un frère et une sœur), j’ai très tôt baigné dans le sport, mais seuls ma sœur et moi rêvions de haut niveau. Pour ma part, j’ai choisi le football US et ma sœur s’est dirigée vers le soccer.

J’ai grandi dans un environnement sain et serein, dans lequel nous avons été encouragés à sortir pour nous dépenser en faisant du foot, du vélo ou encore de la course à pied. Mon reproche à l’égard de la nouvelle génération : ” Vous ne sortez pas assez ! “

Résidant désormais à Roissy-en-Brie, le club de foot US le plus proche de chez moi était situé à La Queue-en-Brie (Val-de-Marne, 94). C’était compliqué pour moi niveau transports. Mes parents travaillaient tard le soir et s’occupaient plus de ma sœur qui était en Pôle Espoirs. J’ai donc appris à me débrouiller seul très rapidement et j’ai attendu ma majorité pour me déplacer sereinement le soir.

Coach sportif est ton activité professionnelle et tu pratiques le foot US en parallèle. Le sport semble être une vraie passion, mais avant le foot US, quel autre sport as-tu fait ?      

Bien que les goûts évoluent énormément en fonction de l’âge et de la vie en générale, je n’ai aucune idée du sport que je ferais si mon choix ne s’était porté sur le foot US. J’opterais bien pour l’athlétisme, encore que le basket ou les sports de combats m’attirent également.

Mais pour l’instant : “ C’est le foot US qui me correspond ! ”


La force tranquille


Le foot US a-t-il été une évidence pour toi ? Qu’est-ce qui t’a motivé à la pratique de ce sport ?

Non, car je ne connaissais pas. Il m’a fallu un temps de découverte et d’apprentissage. Au fur et à mesure des entraînements, je me suis rendu compte que le foot US réuni toutes les qualités physiques. Chaque pratiquant peut s’exprimer, quelle que soit sa morphologie (petit, grand, gros, maigre…). Mais j’avoue qu’après un seul entraînement, je me suis dit « Ouais, ce sport est fait pour moi ! »

Parle-nous de ton parcours dans le foot US. Dans quels clubs as-tu évolué ?  Quel est ton meilleur souvenir en saison (et le pire) ?

Mon parcours dans le foot US est assez simple. En France, j’ai toujours joué chez les Gladiateurs de La Queue-en-Brie. J’ai commencé en 2ème année juniors. Mais pour résumer ma rencontre avec ce sport, arrivé au premier entraînement, j’ai testé et j’ai tout de suite accroché. J’y est retrouvé des valeurs que je recherchais.

Je me souviens de la première fois que j’ai mis les épaulières, on avait fait des plaquages, j’étais comme un fou furieux, je plaquais tout ce qui bougeait et franchement, le déclic est venu de ce moment-là !

Mon pire souvenir c’est certainement l’année de ma seconde saison. À ce moment-là, je rentrais en STAPS, les cours me fatiguaient physiquement et j’enchaînais les blessures n’étant pas vraiment préparé. Le groupe avait changé, ce qui a compliqué les choses et nous enchainions les défaites ; le moral et la dynamique n’étaient plus au rendez-vous. J’ai été obligé de revoir mes priorités.

Mes meilleurs souvenirs :

La victoire des Glad’s en finale de D2 avec, à la clé, la montée en D1 (saison 2014/2015).

Je pourrais également citer le match au Mans dans l’enceinte du MMArena, d’habitude réservé pour les matches de gala. Le Mans nous avait battu chez nous au match aller et chambré sur les réseaux sociaux. Ils pensaient que nous venions avec la peur au ventre et qu’ils allaient nous battre. Mais nous les avons très largement battus sur leur belle pelouse.

Mais le meilleur de mes souvenirs restera la victoire finale en Coupe d’Europe en 2018 avec l’équipe de France.


Steeven TRESFIELD

“Ne montre jamais que tu te trompes, mais sois conscient de ton erreur.”


Tu as évolué en tant que joueur pro en Finlande. Peux-tu nous décrire cette expérience ?            

Dans un coin de ma tête, je rêvais déjà d’une expérience à l’étranger. Mais le timing et l’organisation ne m’ont pas aidé. Pour comprendre ce qui m’a motivé à partir, il faut remonter au camp de l’Équipe de France organisé pour les sélections des World Games. Je suis arrivé sur le camp totalement confiant et prêt physiquement. Seul problème, la concurrence sur mon poste. Il y avait du niveau, tous les joueurs évoluant au Canada étaient présents. Les coaches, eux-mêmes, ne savaient pas comment faire leur choix.

Cette saison-là, je n’avais pas joué à mon poste. Et ça a joué contre moi. J’ai donc été sorti de l’effectif juste avant les World Games. Mon égo en a pris un gros coup surtout que l’Équipe de France est médaillée d’or cette année-là. J’étais dégoûté et j’ai même voulu tout arrêter. Mais je n’abandonne pas facilement alors j’ai suivi les conseils d’autres joueurs : il était temps pour moi de partir à l’étranger.

J’ai donc contacté plusieurs clubs en Finlande et en Allemagne mais au vu de mon parcours et bénéficiant alors de peu de notoriété, les clubs ne me faisaient que des offres avec des contrats précaires. Un des contrats que l’on m’a proposés était à Helsinki un des clubs qui gagne tous les ans. Mais ce contrat me paraissait trop précaire, et à 26 ans, je recherchais une forme de stabilité. J’ai donc accepté une autre proposition venant des Wasa Royals, un petit club basé dans la ville de Vaasa, mais leur contrat me convenait. Mon arrivée là-bas à poser quelques problèmes car je voulais jouer en safety (demi de sureté en défense) mais eux, ont préféré me mettre linebacker (défense). J’ai finalement accepté et j’ai, de suite, été à l’aise à ce poste. Cette expérience m’a fait rencontrer des américains ayant fait des camps NFL avec de vraies connaissances football. Les échanges au cours de cette année m’ont énormément appris.

Le foot US à l’étranger est vraiment pris au sérieux, là-bas tu es focus sur ce que tu fais. J’ai vraiment pris les choses à cœur et fais des sacrifices pour réussir. Je suis assez fier du parcours que j’ai fait en Finlande, j’y ai eu plusieurs titres de MVP et fait partie du top 3 (niveau des stats) alors qu’il est, la plupart du temps, occupé par les américains. J’ai fait connaître les français en Finlande et mon parcours là-bas m’a permis d’intégrer l’Équipe de France pour la coupe d’Europe.

Tu as été sélectionné en équipe de France de foot US et couronné champion d’Europe 2018, décris-nous ton expérience ?     

La coupe d’Europe en Finlande fut une très belle expérience. À ce moment-là, je jouais chez les Wasa Royals en Finlande et j’ai été sélectionné pour faire le camp de l’Équipe de France en tant que Linebacker, j’étais en forme et serein.

De retour en Finlande, le coach a bien su nous diriger, malgré la chaleur. En plus du visionnage de vidéos, nos entraînements étaient basés sur la répétition : encore et encore jusqu’à en être épuisé. Les entraînements semblaient longs et difficiles mais finalement ça a payé. Le jour J, nous étions imbattables ! Chacun d’entre nous savait ce qu’il devait faire et connaissait son rôle sur le bout des doigts. Il y avait une réelle connexion entre nous.

La France, suite à ce titre de champion d’Europe, a gagné en notoriété. La Finlande ou encore l’Allemagne commençaient à s’intéresser aux joueurs français. J’ai, suite à cela, reçu plusieurs offres de contrat.

Penses-tu que SLS est sur la bonne voie en essayant de médiatiser le foot US en France ?   

Effectivement, SLS a la bonne démarche en diffusant les matchs de foot US. Les matchs que vous diffusés sont d’assez bonne qualité et ne buggent pas.

En Finlande, tous les matchs sont médiatisés et diffusés sur une chaîne privée à la télévision. En France, cela arrive doucement et la qualité de retransmission s’améliore.  La diffusion des matchs par SLS permet d’être vu par nos proches ou nos amis vivant à l’étranger et également d’avoir de la visibilité pour toucher les sponsors.

“Rien ne sert de courir, il faut partir à point”

Steeven TRESFIELD

Que penserais-tu d’une professionnalisation des joueurs et des entraîneurs de foot US en France ?      

À choisir, j’opterais pour une semi-professionnalisation comme c’est le cas chez nos voisins allemands. Si les clubs français souhaitent avancer, ils devraient commencer à mettre en place de petites rémunérations (avantages en nature ou primes de match) pour les joueurs et les entraîneurs. Cela aurait un impact positif sur l’investissement de chacun, tant sur l’assiduité des joueurs que sur les perspectives des clubs. Cela permettrait aussi de conserver les espoirs français qui partent jouer ou entraîner à l’étranger. Je suis conscient que les moyens en France sont limités mais il faut penser comme une entreprise. Il faut investir pour avoir un retour sur investissement comme le font certains gros clubs français : Thonon-les-Bains, Grenoble ou encore le Flash de La Courneuve.

J’espère que dans quelques années cela arrivera et que cela contribuera positivement au développement du Foot US en France.

Comment penses-tu que le foot US peut évoluer en France si des sociétés comme la nôtre essaye de médiatisé ce sport encore méconnu du grand public sur le sol français 

Cette médiatisation peut être positive. Elle permettrait une visibilité et une mise en valeur du foot US, des clubs sportifs qui le pratiquent et d’amener des sponsors, une manière de faire intervenir la notion d’argent dans ce sport. Selon moi, il faudrait également y intégrer des interviews de fin de match afin de donner une image positive des joueurs et du sport et y intégrer plus de professionnalisme sur les moyens de communication périphériques. Cette démarche pourrait également titiller la curiosité des gens, les inciter à venir essayer et même à s’inscrire dans les clubs. Être vu est le plus moyen le plus fiable pour montrer les valeurs que nous portons.

Citation personnelle :

J’en ai plusieurs :

  • Rien ne sert de courir ; il faut partir à point ” : Apprendre les bases est le plus important pour avancer que ce soit dans le sport ou dans la vie. Et pour réussir, il faut se donner les moyens.
  • “Ce qui ne te tue pas te rend plus fort” : C’est classique. Mais pour moi, chaque défaite, chaque erreur est source d’apprentissage. Dans la vie comme dans le sport, on apprend que c’est en faisant des erreurs que l’on grandit et que l’on avance. Personne n’est parfait, tout le monde a droit à l’erreur. Le plus important est de reconnaître ses erreurs et de se remettre en question et éventuellement écouter les avis extérieurs. Le travail sur soi est le plus important.

Propos recueillis par Social Live Sports

2 thoughts on “Steeven TRESFIELD : Parcours d’un francilien dans un sport encore méconnu en France.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut